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Dans la maison familiale, la grand-mère de Satou avait interdit toute forme d’utilisation de bouillon dans la cuisine. Toutes les personnes qui préparaient à manger dans la maison étaient averties. Seulement, il y en avait une qui se cachait pour en faire usage. Elle ne pouvait pas se passer de ces « saf saffal » afin que les gens apprécient ses bons plats, quitte à désobéir aux ordres de la mamie. 

Un jour alors qu’elle pensait avoir dissimulé son produit, Satou, la petite rentra dans la cuisine. 

« Tatie, que caches-tu ? »

« Rien Satou, tu m’as vue cacher quelque chose ? »

« Tatie, soyons sérieuses. On n’est que toutes les deux dans la cuisine. Je ne te dénoncerai pas. Je veux juste que tu jettes le cube dans la poubelle et on n’en parle plus. »

« Satou, arrête ! Tu as l’habitude d’inventer des histoires et de te faire des idées. Je ne cache rien. Sors de la cuisine. »

« Tatie, tu penses que j’ai une imaginante débordante ? Tu le penses vraiment ? »

« Satou, je le pense et tu sais quoi, je veux que tu sortes rapidement de la cuisine. Il y a trop de risques. Tu n’as rien à faire ici, il y fait chaud.

« Tatie, je vais sortir mais avant cela, écoute moi bien :

Je suis déçue.  Je t’aime bien comme tout le monde dans la maison. Mais aujourd’hui, je ne te comprends pas. Toutes les deux savons très bien que tu as deux bouillons cachés derrière ton pagne. Je voulais juste que tu avoues pour que je sorte tranquillement de la cuisine.

Mais comme tu nies. Je ne comprends plus. Et pourtant, c’est à moi qu’on interdit de mentir dans cette maison. Mais quand ce sont les grandes personnes qui le font, le mal devient bien. Je suis perdue. »

« Satou, « duma sa morom [1]». C’est moi que tu traites de menteuse. Tu sais que je vais te punir. Tu vas voir de quel bois je me chauffe. Et je dirai tout à ta maman. Elle sait que tu es une petite menteuse et que tu crées des histoires. »

« Tatie, c’est triste que tu m’accuses ainsi pour des bouillons que mamie ne veut pas qu’on utilise à la maison car elle préfère les produits naturels sans arôme, sans sucre, sans conservateur et dont elle connait la composition. C’est elle qui le dit. Alors, respectez son souhait. Si tu dois me punir, me dénoncer et mentir, j’en serais triste. Cela n’empêche, je dirai à tout le monde que tu utilises du bouillon dans tes préparations. C’est dommage, je voulais juste qu’on en parle calmement, car tu sais quoi, ce n’est pas la première que je te vois faire . Je voulais juste en être sûre et certaine. »


[1] “Je ne suis pas ton égal”